A propos de ce blog

Pour ceux qui seraient pressés, cet article de présentation pourrait se résumer comme ceci: dans ce blog je compte parler de moi.

D’autres pourront peut-être apprécier les quelques précisions ci-dessous.

 

Bill et Mark

L’idée avec ce blog est de me permettre de clarifier ma vision de mon monde, et d’ouvrir cette clarification à des lecteurs. J’ai déjà fait ce type de « travail » en vase clos, où j’étais le seul lecteur (le « blog intime » s’appelait « Mon petit monde à moi »).  Et, alors que ça fait quinze ans que je joue avec l’idée d’un blog « public », j’ai finalement décidé à m’y lancer suite à l’abus de pouvoir de FB.  Après avoir suivi un Bill G. dans sa conquête de la gouvernance mondiale, ce n’est plus un compromis acceptable pour moi que de contribuer à alimenter l’arrogance d’un Marc Z.

Evoquant Bill et Mark,  je parle en réalité de moi, et je prends un peu plus conscience de ma vision de mon monde.  Le blog va me servir à clarifier davantage, car ma vision du monde a, dans sa grille de lecture, une hypothèse fondamentale qui dit que non seulement l’on ne parle que de soi mais aussi l’on ne parle qu’à soi.

Je ne vais pas, dans cet article de présentation général, m’attarder sur l’hypothèse.  Je compte m’offrir — en partageant les offrandes avec vous — des occasions pour l’évoquer plus amplement.  Toutefois, voici un avant goût: en dénonçant la soif de pouvoir de Bill et l’arrogance de Marc, je raconte (à moi) quelque chose de mon histoire intime en tant qu’arrogant abuseur et assoiffé de pouvoir.

Vous voyez ce que devient « ma vision de mon monde », fil rouge du blog: une projection animée de personnages et de relations « extérieurs » que j’interprète par mes perceptions et qui me permettent de me raconter des personnages et relations que j’incarne d’une manière ou d’une autre.   En d’autres termes, ce blog sera l’occasion d’aller « au-delà » (avec par conséquent un aspect aussi « spirituel ») du doigt pointé vers autrui en essayant de voir en quoi ce doigt pointe vers moi.

Originalité

L’hypothèse évoquée ci-dessus (« non seulement l’on ne parle que de soi mais aussi l’on ne parle qu’à soi ») est loin d’être la seule composant la grille de lecture de mon monde.  Je vais en aborder tantôt frontalement (par exemple, en les faisant un sujet d’article) tantôt de façon plus détournée (en les utilisant en passant).  D’ailleurs, comme je ne suis qu’humain ( « after all » ), il est probable que j’évoquerai la plupart d’entre-elles de façon inconsciente.  Nombre de ces hypothèses inconscientes vous sauteront à la figure sous la forme de certitudes estampillées « J’ai raison! ».

Aucune — « aucune » — des hypothèses construisant ma grille de lecture de mon monde ne pourra être qualifiée d’ « originale ».  J’ai tout « volé ».  Et, même si je tâcherai de citer mes « sources », du fait que certaines sont inconscientes et que, pour d’autres, je ne sais plus d’où je les ai volées, je vous préviens que la barre de mon niveau académique manquera d’altitude.  Il vous arrivera plus que fréquemment de constater des choses du genre: « Ben oui, Hippocrate avait déjà dit ça il y a 2.000 ans! » ou « C’est du bouddhisme de série B! ».

Pour être bien clair donc:  l’originalité n’est pas la valeur ajoutée de ce blog.

En échange, je me permets de ne réclamer aucun copyright.  Mon matériel vient du domaine public, le blog le retourne au domaine public.

Une question s’impose donc: pourquoi me donner tant de mal à élaborer un blog diffusé sur l’ensemble de la planète si c’est pour raconter rien d’original de moi à moi?

Valeur ajoutée

A première vue, la réponse comporte trois parties, chacune étant ce que j’appelle dans ce blog une hypothèse.

La première pourrait s’énoncer comme suit: « Malgré ce que je prétends, j’estime que j’ai quand même quelque chose d’original à raconter« .  Cela signifierait que je mens, soit à « vous » soit à « moi ».  Mais, en faisant comme si l’hypothèse évoquée en début d’article était valide, même si je vous mens à vous, c’est, « tous comptes faits », quand même à moi que je mens.   Mais pourquoi me mentirais-je? Il y a des chances que mon « amour propre » (d’aucuns parleraient d’ « ego ») ait peur de vendre ouvertement mon originalité et de devoir en assumer tout aussi ouvertement la responsabilité du service après-vente. Mon amour propre, qui n’a qu’un but (séduire), trouve une façon plus « fermée », plus détournée, plus « facile » et moins « risquée » pour lui, de me mettre en valeur: faire croire — me faire croire — que je ne revendique aucune originalité du tout.  Je décrète ainsi que mon originalité c’est mon absence (= déni) d’originalité.  Ca me permet d’être Bill et Marc sans devoir passer ma vie à concevoir et vendre un système d’exploitation informatique compatible avec tous les ordinateurs personnels du monde ou à rassembler les milliards d’internautes de la planète autour d’une plateforme conviviale, flexible et respectueux de la diversité culturelle mondiale.

Toutefois, cette originalité-là est un produit pour le moins de piètre qualité, et l’opération consiste à « vendre chat en poche ».  Bref: l’arnaque.  Et ce serait pour cacher l’arnaqueur que, notamment, je projette l’arnaque sur l’arrogant Marc et l’assoiffé de pouvoir Bill. Juge et partie, je suis en mesure de projeter votre attention sur eux (en d’autres termes, je vous endors), via ce blog, pour cacher le déni de moi.

C’est ce que feraient peut-être toutes les religions — ma vision de mon monde n’en étant qu’une parmi les autres.

La seconde hypothèse (en réponse à la question ci-dessus) confirme la première mais, dans sa logique, suit une autre voie (le terme est enfin placé!).  Je l’énoncerais comme suit: « La justice rendue par l’inconscience serait prisonnière et à la merci de l’amour propre (= ego) et inversément.  Cela serait vrai pour tout ce qui est rendu par l’inconscience.  Pour libérer la justice de l’amour propre, il s’agit de chercher à (= oser) la rendre en conscience. »  Suivant la logique de cette hypothèse, chercher à agir en conscience permettrait de libérer cette action de la prison de l’inconscience.  L’action deviendrait alors plus « juste », pas en termes de « justice » mais de « justesse ».  Le but du jeu serait de trouver un moyen de rendre conscient ce qui ne l’est pas.

La dernière hypothèse complétant cette trilogie pourrait être énoncée comme suit: « Le pot commun universel dont l’humanité fait partie, s’enrichit d’individus plus libres, donc plus conscients » .  La seule vraie création de l’homme serait sa prise de conscience. Là, je n’ai plus de doute, je suis sorti du cadre d’une simple présentation de blog.  Je propose de retenir, pour le moment, que j’imagine (dans le sens premier du terme) que l’humanité bénéficierait de voir croître le degré de liberté de chaque individu du fait que moins il y a de prisons dans un individu, moins cet individu a tendance à (vouloir) emprisonner son voisin.

Bref… vu la « relation » qui, dans la perception de mon monde, existe entre ma conscience, l’exercice de ma liberté et mon état de bienveillance, je pense qu’il pourrait être utile aussi pour les autres que j’avance sur des chemins personnels, voire intimes, de prise de conscience.  Alors que les médias — surtout ceux dits « sociaux » — nous poussent à « tomber » dans les prisons de nos projections inconscientes, je pense qu’il n’est pas inutile de tenter de compenser cet excès en prenant mon bâton de pèlerin et de suivre les chemins de la conscience des miennes.

Y arriver n’est pas un enjeu.  La destination du pèlerin est vivre aujourd’hui comme s’il était immortel parce qu’il sait qu’il sera mort demain.

La conscience est quelque chose d’absolu — il n’y en a pas de bonne ni de mauvaise. Chercher la prise de conscience est un acte qui ne peut qu’être absolument intègre, honnête.  On ne peut pas chercher la prise de conscience en faisant semblant, en le faisant à moitié ou en continuant à se mentir pour la galerie.

(La paragraphe ci-dessus est un modèle d’hypothèse inconsciente estampillée « j’ai raison ».)

Sur ce plan, le blog ne sera pas une arnaque:  cette barre-là, celle de la rigueur et de l’honnêteté, haut placée par définition  (et seul repère de notre élévation), sera rarement, si jamais, franchie (à vous de juger si vous voulez).

Elle sera l’éventuelle valeur ajoutée de ce blog.

Jouer à croire

Parmi les sujets que je vais aborder, comme il s’agit ici de présenter ma vision de mon monde, ceux qui me connaissent ne seront pas étonnés d’apprendre que je vais parler de ma vie de tous les jours, l’actualité, des problématiques liées à la santé et la santé publique (deux choses totalement différentes malgré le terme commun), l’alimentation, les relations personnelles, la philosophie, la psychanalyse, la religion (en tant qu’histoire au-delà de l’histoire), la fiction, les arts et même des réflexions et autres créations personnelles.

Aussi n’ai-je aucune idée de comment tout cela va se goupiller.

Avant de terminer, encore deux points.

Le premier concerne mon emploi du terme « hypothèse ».  Comme je peux changer d’avis en fonction de bien des aléas, je vais souvent utiliser cette tournure.  Il ne s’agit pas de faire scientifique (ça ne l’est pas, même si ce blog permet une sorte de relecture par les pairs), mais de (me) rappeler que ce que j’ai à dire est fluctuant et à prendre avec des pincettes.  Je ne cherche pas à avoir raison, ni à « croire » ou à pousser à « croire » (convaincre).

« Everything in this book may be wrong. »  (Tout ce qui est dans ce livre peut être faux).

Richard Bach, « Illusions ».

Si j’aime la noblesse de l’ « hypothèse » c’est parce que ce terme permet le « faire comme si ».  Quand je « fais comme si », je n’ai plus besoin de croire, je peux jouer, mais jouer comme un enfant, c’est-à-dire « sérieusement », où, pendant le jeu, le jeu est la réalité.

Ce blog invite à jouer.

Je voudrais aussi vous dire deux mots de la gare centrale de Luxembourg-Ville (voir aussi cet article).  A une certaine époque, cette gare était composée de 11 voies, numérotée de 1 à 11.  La onzième était un peu spéciale du fait qu’elle n’avait pas de quai, c’était une voie de service qui n’était jamais destinée aux voyageurs.   La sixième était aussi une voie de service sans quai.  Si la voie 11 est toujours là, les rails de la 6 ont été enlevés afin d’élargir les quais pour voyageurs (tout ceci c’est au moment où j’écris… Avec les travaux en cours, ça risque de changer).

Mais la voie 6 n’a plus de rails, ça ne veut pas dire qu’elle n’existe plus.  En effet, le numérotage des voies passe de 5 à 7 (faisant penser au 9 3/4 de Harry Potter).  Preuve de son « existence »: le voyageur attentif cherchera la voie 6 et le distrait, faisant « comme si », montera dans le train à la voie 8 pensant qu’il s’agit de celui de la voie 7.

Tout ça pour constater que contrairement aux autres voies, la six est toujours libre.

Toujours libre?